Catalogues, Presse, Articles (selection)

Fri-Art made in Switzerland, The Collective for Living Cinema, New York, 1987

Von Bildern, catalogue exposition, Kunsthalle Bern et Centre d’art contemporain, Genève, 1988

30 junge Schweizer Plastiker, catalogue exposition, Seedam Kulturzentrum, Pfäffikon, 1988

Miroir 89, catalogue exposition, Musée de Carouge, 1989

Michel Huelin – A Hide of Paint, Bernard Comment, National Gallery of Modern Art, catalogue exposition, New Dehli, 1991 

Du liquide au solide, texte de Michel Huelin, édition Alain Veinstein, Paris, 1993

Catalogue exposition, Galerie Patrick Roy, texte de Ulrich Loock, Lausanne, 1993 

Michel Huelin, Oscillation/Dislocation, Bernard Comment, Art Press, 177, 1993, p. 41-43

Michel Huelin, Les temps du regard, Françoise Jaunin, Voir, février 1993

Beyond Switzerland, catalogue exposition, Museum of Modern art, Honk Kong, 1995 

Architectures de Michel Huelin, Christine Salvadé, Le Nouveau Quotidien, 9 mai 1995

Pinceau et réalité virtuelle, Françoise Jaunin, 24 Heures, 11 mai 1995

Never say never, Young art, catalogue exposition, Kunsthalle Bern, 1996 

Michel Huelin désosse notre quotidien, Mireille Descombes, L’Hebdo 18 janvier 1996

Michel Huelin, Galerie Susanne Kulli, Anne Rüegsegger, Artis no 62, 1996 

Alkyd auf Aerolam, Der Bund, 20.12.1996

Françoise Ninghetto, Kunstbulettin, 9/1997, p. 28-29

Les douze lauréats de la Fondation Lachat, Jean-Pierre Girod, Le Nouveau Quotidien, 15 mai 1997

Perspectives romandes, catalogue exposition, Musée Arlaud, Lausanne, 1997 

Wahlverwandtschaften, catalogue exposition, texte de Cäsar Menz, Art & Appenzell, Appenzell, 1998 

De la matérialité de la peinture à l’immatérialité de l’objet, Andriana Cavalletti, L’Officiel Homme, 1998

Le peintre Michel Huelin tente d’éduquer le regard par la fascination, Philippe Mathonnet, Le Temps, 31.03.98

Entretien Martine Béguin, Bernard Fibicher, Michel Huelin, catalogue exposition, Centre Culturel suisse, Paris et Musée Jurassien des Arts, Moutier, 1999 

Michel Huelin im Musée Jurassien des Arts, Kunstbulletin, 1999

Michel Huelin artiste vernis, Jean-Marc Grenier, Pariscope, mai 1999

La peinture comme interface, Jean-Marc Huitorel, catalogue exposition, Centre Culturel suisse, Paris et Musée Jurassien des A r t s , M o u t i e r, 1 9 9 9 

Un écran, le tableau, catalogue exposition, Parc Saint-léger, Pougues-les-Eaux, 1999

Michel Huelin, Jean-Pierre Girod, Musée jurassien des Beaux-Arts, Le Quotidien Jurassien, mars 1999

Huelin, Double Bill, Flash Art, mai 1999

Artiste du mois, Michel Huelin, Anne Kerner, Beaux-Art Magasine, mars 1999, p. 25

L’un et son double, Ileana Cornea, Demeures & Chateaux, avril-mai 1999, p.23

Du figural et du corps dans les tableaux de Michel Huelin, Frank Lamy, Verso no 14, avril 1999

Un homme immobile dans le flot des images, Laurent Wolf, Le Temps, 15.03.1999

Nomade, ArtPress, mars 1999

Une exposition associant peinture et vidéo, Dominique Dumas, Journal du Jura, 1999

Une double exposition pour réapprendre à voir comme on apprend à lire, Laurent Wolf, Le Temps, 15.03.1999

15 anni di Giovane Arte Svizzera, Villa Ciani, Lugano, catalogue exposition

Eine Frage des Stills, Neue Zürcher Zeitung, 31.12.1999

RSR 1, journal 12.30, Martine Béguin, exposition Michel Huelin, Musée Jurassien des Arts, Moutier, 1999

RSR 2, Carré d’art, interview par Martine Béguin, exposition Michel Huelin, Musée Jurassien des Arts, Moutier, 1999 

Huelin, la peinture en dedans, Philippe Piguet, L’Oeil, 2000

La peinture de Michel Huelin comme antidote à l’emballement du monde, Jean-Pierre Girod, Le Quotidien Jurassien, 22 janvier 2000

Le corps et l’anticorps, Itinéraire des Arts, Midi Pyrénée no 9, 2000

Not at Home,The Guardian, 9.12.2000

Le Quotidien / 004, FIAC, 25.10.2000

Nom de code: www.huelin.ch, Isabelle Fabrycy, Le Matin, 01.2000

Club jurassien des arts, collection du Musée, Moutier, 2000

Michel Huelin, Jean-Marc Huitorel, Art Press, janvier 2001

Waiting Room, Flux, Marina Engel, atitudes.ch, 2001

TSR 1, interview, exposition le feu des signes, Musée d’art et d’histoire, Genève, novembre 2001

Le Feu des signes, Musée d’art et d’histoire, Genève, ville-ge.ch/musinfo/mah

Les travaux de Michel Huelin se jouent de la superposition du virtuel et du réel, Philippe Mathonnet, Le Temps, 13.02.2001 

Michel Huelin, Valérie Sarrazy, Regards Croisés no 18, janvier 2001

Zoo, London, 08/2001, p 251

Effervescence, catalogue exposition, Galerie G-P & N. Vallois, Paris ,2001

Michel Huelin, France 5, les maternelles, 5 novembre 2002

Pas permis, Michel Huelin, édition Quiquandquoi, Genève, 2002

BCV-Art, catalogue exposition, Musée Jenish, Vevey, 2002 

Le virtuel et l’illusion, catalogue exposition, Villa Bernasconi, Grand-Lancy-Genève, 2002

Un rêve de peinture, vite, Christophe Chérix, catalogue exposition, Dialogue I, 2002

Marina Engel, catalogue exposition, Dialogue I, 2002

Michel Huelin, Pierre-Evariste Douaire, www.paris-art.com, 2002

Françoise Jaunin: «Le virtuel, le tactile et les punching-balls»,  24 heures, 13.3.2002, p. 31

La souris grignote le pinceau, Mireille Descombes, l’Hebdo, 3.10.2002

Françoise Jaunin: La confiance enfin retrouvée. Les arts plastiques à Lausanne. Lausanne: Editions Payot, 2002

Dem Computer entwachsene Bilder, J!urg M. Meyer, Aargauer Zeitung, 4.12.2002, S. 12

Michel Huelin en ses jardins virtuels, Philippe Mathonnet, Le Temps, 15.11.03

Entretien avec Michel Huelin, Patrick Schaefer, novembre 2003, pour le site art-en-jeu.ch/

Valérie Maire: «Du réel au virtuel». In: 24 heures, 1.12.2003, p. 10

Paris: Michel Huelin in der galerie Zürcher, Marguerite Menz, Kunstbulletin, 5.2004

La Tentation de l’aventure, Le Quotidien Jurassien, août 2004

Vers un artificiel plus vrai que nature?  Grégoire Praz, Rendezvous 02, 2004

Michel Huelin in der Galerie Zürcher, Marguerite Menz, Kunstbulletin, 01 mai 2004

Michel Huelin, Invasive Species, Marguerite Pilven, paris-art.com

Invasive species, Thierry Vendé, www.art-nature-projet.ouvaton.org, juin 2004 

Invasive Species, Michel Huelin, catalogue exposition Galerie Zürcher, Paris et Galerie Blancpain Stepczynski, Genève, 2004

Elisabeth Chardon: «La science des particules sous le microscope des artistes». In: Le Temps, 19.10.2004

Les Suisses qui innovent, L’Hebdo, 06.01.2005

Pulse, catalogue exposition, Barcelone, 2005

Attitudes 1994-2004. [Zurich]: Fink, 2005

Acquisitions 1990-2005, Fonds municipal d’art contemporain, Département des affaires culturelles de la Ville de Genève

Collections – Quand les banques exposent leurs trésors, L’Hebdo, 29.09.2005 

Nathalie Chaix, VG Magasine,Ville de Genève, mai 2006 

Xenobiosis, Le Quotidien Jurassien, 15.06.06 2006 

L’art de Michel Huelin est le diable dans le bénitier, Philippe Mathonnet, Le Temps, 20.06.06

Michel Huelin in der Abbatiale de Bellelay, Annelise Zwez, Kunstbulletin, 9/2006

Annelise Zwez: «Verführt uns mit dem Gift des Schönen», Bieler Tagblatt, 13.7.2006, S. 18

Michel Huelin à Bellelay, Françoise Ninghetto, Kunstbulletin 7/8 2006

Biotope virtuel, Pierre-Alain Beuchat, Revue CEP, 2/2006

Un biologiste de l’étrange dans sa serre baroque, Françoise Jaunin, 24 heures, 20.07.06

Michel Huelin à Bellelay, Françoise Ninghetto, Kunstbulettin, 7/8 2006

www.ch-arts, news, 13.06.06

RSR 2, Dare-dare, Interview par Nicolas Pahlisch, exposition Xenobiosis, Abbatiale de Bellelay, 15.08.2006 

Périple dans l’illusion à Bellelay, Jean-Pierre Girod, Le Quotidien Jurassien, 19.08.2006

Acquisitions 1991-2003, Fonds municipal d’art contemporain, Département des affaires culturelles de la Ville de Genève 

Michel Huelin, Geneviève Loup, ch-arts 2 février 2006

Genipulation, Gentechnik und Manipulation in der zeitgenössischen Kunst, Caroline Nicod, Biel, Centre PasquArt, 2006

Uncontrolled Growth. Catalogue exposition, New York, Zürcher studio, 2008.

Chassez le naturel…. Grand-Lancy, Villa Bernasconi, 2009, Genève, 2009

Michel Huelin Reviewed, David Ebony, Art in America, March 2010

Michel Huelin, Dossier Nature, culture et styles de vie, Environnement suisse, Office fédéral de l’environnement, 1/2010, p.22-23

Artistes à Genève de 1400 à nos jours. Sous la direction de Karine Tissot. Genève: Editions Notari et L’APAGE, 2010

En gris ou en couleurs, Elisabeth Chardon, Le Temps, 14 octobre 2011

Michel Huelin Alkyd & Pixels, ch-arts, 15.09.2011

Illustration du Livre Domani sarò farfalla, Laura Zani, 2011

Collection d’art de la Banque Cantonale Vaudoise. Lausanne, Fondation de l’Hermitage, 2012. Conception éditoriale: Catherine Othenin-Girard, Corinne Baffou et Caroline Chuard

Michel Huelin se laisse porter par ses rencontres artistiques, Laurent Delaloye, Tribune de Genève, 23 octobre 2014

Vaud. Art et Architecture 1974-2014: Quarante ans d’interventions artistiques dans les bâtiments de l’Etat de Vaud. [Texte:] Nadja Maillard. Lausanne: Favre, 2014

Reality is not a common place, Photographs and Videos from the Julius Baer Art Collection, Museo Cantonale d’Arte, Lugano, 2013

Parti Pris, publication Blancpain Art contemporain, Genève, 2014

Les entre-deux de Michel Huelin, J-C Meyer, L’Alsace 15 juin 2015

L’Humen, catalogue exposition, La Nef, Le Noirmont, 2015

Indoor Landscape, artline magazine 7-8 2015, p 12

Rencontre avec Michel Huelin, Pascale Jaquet Noaillon, Le Quotidien Jurassien, 19 août 2015

Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève, Collection 2004-2016

Les 25 ans de la Galerie Zürcher, publication Galerie Zürcher, Paris, 2017

 

 

Maculatures d’une nature architecturée – Michel Huelin

« Photographies peintes » ou « peintures de photographies », les pièces de Michel Huelin ne sont pas seulement des éléments de réponse à ceux qui ont craint un jour que le 8e art assassinerait la peinture, mais aussi un travail essentiel sur la matière et la couleur. Car l’artiste mène en filigrane une carrière de peintre, même s’il a assimilé au cours des années les nouvelles technologies qu’offrait progressivement l’arrivée de l’ordinateur. Répartissant depuis des années son temps entre deux ateliers distincts – l’un à Genève pour la peinture, l’autre à Lausanne pour le numérique –, Michel Huelin trouve un équilibre en fabriquant des images représentatives de notre monde – chargées d’un héritage artistique et dans le même temps ancrées dans le présent puisque créées par des logiciels de pointe. Ces deux manières de développer le travail – d’apparence hétérogène, voire contradictoire – se complètent parfaitement pour donner lieu à des combinaisons inédites prouvant que, malgré les moyens numériques actuels, il reste difficile de se passer du rapport direct avec la matière pour créer des images. 

Prolongeant son habitude de télescoper différentes sources visuelles entre elles, ses nouvelles productions révèlent des qualités plastiques qui brouillent délibérément la compréhension de l’image avec un goût évident de la surenchère : profondeur, perspective et espace sont parasités parfois par les aplats de peinture, d’autres fois par des jeux de transparence, de superpositions ou d’inconsistances devenant plus ou moins abstraits selon les sauts d’échelle opérés. Des taches de peinture aux paysages en passant par des univers architecturés ou décoratifs surgissent des mélanges inattendus, valorisant les accidents – tant une éclaboussure que le bug d’un logiciel. L’imprévu ou l’improbabilité font basculer la réalité loin des attentes. Emprunts d’onirisme, ces lieux sans présence humaine ni animale, à la fois identifiables, parfois même familiers – une ligne d’horizon tient souvent lieu de repère minimum, les architectures témoignent toutefois d’une vie humaine – ne sont pourtant jamais clairement désignés. Si les patchworks de Michel Huelin ne cherchent pas à développer une narration, ils semblent appartenir à un registre volontairement ouvert aux projections. 

Alors même que nous conférons plutôt à la photographie la capacité à rendre compte de la réalité, dans ces œuvres c’est la peinture, présente ou évoquée, modifiée, essuyée ou délaissée qui s’avère être souvent l’élément le plus réel. Par sa matière ou son épaisseur réelle ou suggérée, par son ombre, son souvenir, son passage. L’artiste s’interroge sur le niveau d’intelligibilité de ses images et sur la réalité de la vision, question fondamentale dans une société où les informations circulent essentiellement par le canal visuel. La manipulation est le mot d’ordre et permet de donner à voir les reflets non seulement d’une collection d’images innombrables générées depuis des années par l’ordinateur, mais également de montrer comment les coulures produites dans un atelier peuvent ressortir finalement sur un tirage photographique par le biais d’un scan et mettre sur un même niveau les outils manuels, mécaniques et virtuels. Michel Huelin absorbe l’excès d’encre relégué généralement au statut de maculature pour l’insérer dans des compositions permettant à la technique et à l’imaginaire de faire de la nature un vaste champ de rencontres notamment avec l’architecture, exercice qui l’engage à poursuivre toujours et encore un objectif : celui de questionner la peinture.

Karine Tissot, Mai 2016

 

 

Alkyd & Pixels

Les représentations actuelles de Michel Huelin se situent quelque part entre Jules Verne et Stanley Kubrick. Il continue à peindre tout en étant fasciné par les technologies informatiques qui lui permettent de réaliser des photos merveilleuses et irréelles. Paradoxale, son œuvre est un éloge simultané du virtuel et de la lenteur pour la précision quasi diabolique des détails et par la complexité d’images difficiles à situer.

Devant ses tableaux, le regard du spectateur s’abîme dans un monde englouti où les arbres semblent être les derniers témoins d’une catastrophe. Ces peintures sont, elles aussi, conçues par ordinateur avant d’être transcrites sur aluminium à la main en utilisant des peintures alkyde, un matériau choisi par l’artiste car il ne laisse apparaître aucune trace de pinceau. Le geste semble donc absent de ces compositions qui prennent pourtant un temps de réalisation considérable : chaque trait est doublé pour conférer à l’ensemble un aspect légèrement brumeux.

Les photographies, des tirages Lambda, entraînent le regard dans l’apesanteur d’un règne non humain, tantôt ludique ou onirique et souvent végétal, mais la notion entêtante de peinture est toujours présente par son sens aigu des couleurs et de la composition.

Dans une œuvre de grande dimension (Phytotron, 125 x 200 cm), 50 objets ont d’abord été réalisés séparément sur ordinateur pour former les éléments de cette représentation. Exactement comme pour le sampling en musique électronique où des milliers d’échantillons sonores sont utilisés pour former la composition. L’ordinateur a ensuite mis 300 heures pour calculer ce Phytotron aux nuances délicates, qui réserve nombre de découvertes dans un monde sans échelle où l’œil prospecte, pris entre plaisir et vertige, bulles et explosions avec des transparences et distorsions que seul permet l’ordinateur.

Conscient de ce dialogue permanent entre peinture et virtuel, Michel Huelin a d’ailleurs réalisé de fraîches photos où des traces de peinture apportent des touches lumineuses et voltigeantes dans une infusion de feuilles et de brouillard.

On découvre vite qu’il s’agit d’un moment de la production du plasticien ou l’une de ses facettes, car des photos très récentes présentées dans l’exposition révèlent un aspect plus sombre, plus inquiétant, qui relève de l’obscure clarté. Il s’agit de nuages, comme des élevages de poussière sombres et menaçants qui, du ciel où ils sont situés, rappellent les poussières linceuls générées sur terre par la folie des hommes.